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    Le Fabuleux Destin du BCG

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    Gladiator
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    Messages : 84
    Date d'inscription : 14/01/2014

    Le Fabuleux Destin du BCG

    Message par Gladiator le Ven Mar 07, 2014 9:02 am

    Paris le 16 octobre 2013- Bien qu'en film*, l'incroyable histoire du BCG n'ait pas eu le fabuleux destin de celle d'Amélie Poulain, son originalité, l'enthousiasme de ses acteurs et leur imagination, alliés à l'importance de son succès lui assurent une durée (presque) éternelle. Bande annonce avec un résumé très fragmentaire d'une chronique historique proposée par Pierre Bégué de l'Académie nationale de Médecine, alors qu'Alfred Calmette aurait eu 150 ans cette année.

    Calmette et la lutte antituberculeuse

    C'est à Lille que dès son arrivée en 1894 Albert Calmette affirme son intérêt pour la tuberculose. Il y fonde l'Institut régional, qui deviendra l'Institut Pasteur de Lille en 1898. Dès son arrivée dans la ville il est sensible aux ravages de la maladie qu'il constate dans les milieux défavorisés. Sa création en 1901 du préventorium Emile Roux, dispensaire de prophylaxie sociale antituberculeuse, sera suivie de celle des sanatoriums. Parallèlement à l'organisation de la lutte antituberculeuse, Calmette développe une recherche intense sur l'infection. Il noue une amitié solide avec Camille Guérin, vétérinaire et chef de laboratoire, avec qui il travaille sur l'immunité antituberculeuse et le mécanisme de l'infection jusqu'en 1915, où la 1ère guerre mondiale marquera une pause dans leurs travaux.

    Naissance du BCG

    Calmette et Guérin mettent au point l'atténuation de la virulence d'un bacille tuberculeux bovin à partir d'une méthode de culture originale de repiquage d'une souche sur pomme de terre glycérinée. Afin d'obtenir un vaccin purifié ils se servent de bile de bœuf pour rendre émulsionnables les colonies de la culture et Guérin observe que « la répétition des cultures sur ce milieu bilié fit perdre peu à peu la virulence du bacille », écrit Guérin. Repiqué tous les 20 à 25 jours, au bout de 230 passages en 13 années, Calmette et Guérin constatent que le nouveau bacille est complètement atténué et ne réverse plus vers la virulence. Comme le souligne Pierre Bégué « on ne peut qu'admirer sans réserve la ténacité de ces deux microbiologistes et de leurs équipes qui, durant 13 années, repiquèrent 230 fois le bacille, afin de s'assurer de sa stabilité, de sa non réversion, de son innocuité ». Le bacille modifié, bacille de Calmette et Guérin ou BCG, est d'abord utilisé comme vaccin chez les animaux de 1912 à 1915, pour vérifier sa bonne stabilité et son innocuité. La perte de virulence du bacille modifié ne s'accompagne d'aucune perte d'immunogénicité.

    Premières vaccinations chez l'enfant

    Retour de Calmette à Paris en 1919 comme sous-directeur de l'Institut Pasteur, où il recrée les laboratoires de recherche sur la tuberculose et développe la production du BCG. Calmette et Guérin ont conclu à la valeur protectrice du vaccin et à son innocuité dès 1912, en utilisant le BCG chez les bovidés mais aussi chez les singes et il semble évident que la vaccination doit se faire très tôt chez les enfants, surtout dans un contexte familial tuberculeux. La première vaccination humaine en 1921, confiée au Dr Weill-Hallé (hôpital de La Charité), est celle d'un nouveau-né dont la mère vient de mourir de tuberculose et qui est confié à la garde de sa grand-mère, elle-même atteinte et contagieuse. Premier succès, et entre 1922 et 1924, 217 nourrissons sont vaccinés à la Charité, puis 5183 en 6 mois en France. Les publications des heureux résultats (l'efficacité du BCG contre la tuberculose grave mortelle est de 93%) assurèrent à la vaccination par le BCG le destin que l'on connait.

    * « Une tâche difficile : Calmette et le BCG », durée : 26 minutes, produit en 1955 par le Centre national de l'éducation sanitaire démographique et sociale

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